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FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

Le blog des mordus de France, de français, de francophonie... Para los locos por Francia, el francés, la francophonie...


AUDREY TATOU AU THÉÂTRE

Publicado por Abel Carballiño activado 18 Abril 2010, 10:46am

Etiquetas: #spectacles

b80f9460-21fa-11df-be92-87666a6ac2a1.jpgAudrey Tautou dans un cauchemar à la Tim Burton 

Michel Fau signe une mise en scène puissante et très fidèle de Maison de poupée d'Ibsen.

Dès que le rideau se lève, Nora est là. Comme une poupée figée dans la pénombre, devant un sapin de métal. Voici qu'elle s'anime. Dans cette robe bleue à croisillons noirs, magnifique avec sa tournure, ses col et poignets de dentelle et sa jupe entravée d'un savant plissé noué sur le devant, elle ne peut marcher qu'à petits pas, sauts d'oisillon. C'est une alouette. Jamais Nora n'aura mieux ressemblé à ce que voit en elle son mari Torvald Helmer (Michel Fau, qui signe la mise en scène), avocat qui vient d'être nommé à la tête d'une banque et se sent enfin rassuré.

Tout, du décor très beau et volontairement étouffant (Bernard Fau) au maquillage très ­accusé, masque pâle, joues enflammées, yeux charbonneux (Pascale Fau), aux lumières (Joël Fabing) et aux costumes (David Belugou) , tout renvoie à un univers expressionniste très âpre. Tous les personnages sont traités ainsi : la Bonne (la chanteuse Flore Boixel), Kristine Linde, l'amie malheureuse (Sissi Duparc), le Docteur Rank, amoureux, loyal, fidèle et promis à la mort ­(Pascal Elso, comme un double de Torvald), Krogstad (Nicolas Woirion), l'avoué qui fait chanter Nora mais s'apaisera à la fin grâce à l'amour retrouvé de Kristine.

 

Bouleversant et moderne 

Ils n'ont rien de «naturel». D'abord parce que dans la société que décrit Ibsen (la pièce date de 1878), on est en représentation. En cela, ­Michel Fau, qui s'appuie sur l'excellente traduction de Terje Sinding, est d'une scrupuleuse fidélité à l'œuvre. Mais il va plus loin. Il glisse vers un univers à la TIM  BURTON , qui angoisse profondément, confusément, comme si pesait une sourde menace dont on ne sait pas d'où elle viendra. Les enfants appartiennent à ce monde : raides, étrangement inquiétants, plus adultes que leur mère, des petits loups qui n'aiment pas jouer.

Le rythme de la représentation est excellent. Trois actes en deux heures denses, comme le drame qui se joue. La direction d'acteurs est remarquable. Sissi Duparc a le douloureux moelleux qui convient, Nicolas Woirion est très impressionnant et humain à la fois, Pascal Elso a la noblesse blessée du Docteur, il est fin, subtil. Comme l'est Michel Fau, maîtrisant toutes les nuances d'un personnage qui n'est pas sympathique. Mais il lui apporte un supplément d'âme.

En scène deux heures durant, AUDREY TATOU  possède une présence forte et des moyens. La voix est très bien placée, ferme et elle ose tout ce que lui demande le metteur en scène, jusqu'aux piaillements d'alouette blessée. C'est un travail remarquable d'intelligence et d'instinct. Bouleversant et surtout : moderne !

Critique de Armelle Heliot, pour Le Figaro

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