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FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

Le blog des mordus de France, de français, de francophonie... Para los locos por Francia, el francés, la francophonie...


CAMUS : LES JUSTES , vu par Emmanuelle Béart

Publicado por Abel Carballiño activado 28 Marzo 2010, 08:40am

Etiquetas: #Littérature

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  La comédienne incarne Dora dans Les Justes d'Albert Camus,

 mis en scène par Stanislas Nordey. À Rennes du 19 mars au 23 avril.


En 1905, cinq russes préparent un attentat contre le grand-duc Serge, pour libérer le peuple de la tyrannie du tsar. Par-delà de l'épisode historique, " Les Justes" de Camus est une tragédie d'amour. Et c'est à Emmanuelle Béart que Stanislas Nordey a confié le rôle de Dora, jeune femme passionnée, prête à sacrifier sa vie amoureuse pour le rêve d'un monde meilleur.


SON RÔLE

Ce matin, je me suis réveillée dans la mélancolie», dit-elle dans un de ces sourires désarmants, nimbé d'une tristesse d'enfant. On est au lendemain de la première représentation publique des JUSTES  à Rennes. Quelque chose s'est mis en route qui n'est plus le temps enfiévré des répétitions. Cette mélancolie est celle de Dora, le personnage qu'incarne Emmanuelle Béart. Bonnet de laine protégeant les cheveux et dégageant ce beau visage qu'illumine un regard intense et clair, la comédienne a conservé la silhouette fine de la toute jeune fille qui débuta dans Anouilh et fit si forte impression sur le public et la critique. Elle est loin, cette petite Lucile de La Répétition ou l'Amour puni… comme est loin la frémissante et splendide Camille de Musset qu'elle joua à Nanterre sous la direction de Jean-Pierre Vincent après avoir abordé Marivaux, Molière, et avant d'affronter Jouer avec le feu de Strindberg sous la direction de Luc Bondy.

La veille, dans la stricte robe grise de Dora Doulebov, la femme ardente du groupe terroriste des Justes d'Albert Camus, elle a retrouvé ce pincement terrible du trac qui vous noue et vous donne envie de disparaître face aux neuf cents personnes de la grande salle du théâtre, et cette force, cette vaillance, cet emportement de tout l'être qui attise les mots du personnage et vous grise. « Comment ai-je pu, si longtemps, douze ans, me passer du théâtre ? C'est qu'il me fallait une raison vraie d'y aller… Un projet qui ait du sens, pas un rôle de plus, une pièce de plus… Mais quelque chose qui me parle et qui suppose un engagement sincère. » Et elle est là, après la première très bien accueillie par le public du Théâtre national de Bretagne, centre européen dirigé par François Le Pillouër. Elle a retrouvé ce qu'elle désirait : «Une équipe, des conditions égales, du temps.» Si elle est la tête d'affiche de ce spectacle très bien mis en scène par Stanislas Nordey, elle est dans la troupe. Payée comme les autres, traitée comme les autres.



 

SON POINT DE VUE SUR CAMUS

«Je ne connaissais pas vraiment Camus avant d'aborder Les Justes. Bien sûr, j'ai lu ses grands textes, et lorsque, un jour, mon fils m'avait demandé conseil pour un exposé sur la peine de mort, je lui avais fait lire L'Étranger. Mais je ne connaissais pas son théâtre. Ce qui me touche le plus profondément dans Les Justes, c'est qu'il est question de fraternité et que cette fraternité est ce que je recherche au théâtre. »

Elle a toujours eu un côté petit soldat, Emmanuelle Béart. Une énergie sans agressivité, un frémissement de tout l'être. Le sens de la justice. Qu'elle exerce dans sa vie quotidienne comme dans ses engagements personnels, pour l'Unicef notamment.

Dora lui parle. Elle ne pense pas à Maria Casarès qui créa le rôle en 1949. «Ce qui est beau, dans la pièce, c'est qu'à chaque pas, ces personnages se posent la question du sens, de la légitimité du combat. Ces “justes”, Camus les a aussi appelés “les innocents coupables”, et c'est cette contradiction, ce déchirement qu'il faut incarner en respectant chaque mot, chaque silence comme une partition.»

La belle a beaucoup tourné ces temps-ci. Trois films seront bientôt à l'affiche. Ma compagne de nuit, d'Isabelle Rocard, où elle joue une femme qui meurt d'un cancer, elle y a notamment pour partenaire Hafsia Herzi ; Nous trois, de Renaud Bertrand, auteur des Irréductibles. Il s'agit du portrait d'une femme des années 1970 vue au travers du regard aimant et rêveur de son petit garçon. Avec Audrey Dana, Jacques Gamblin, Stefano Accorsi et le jeune Nathan Georgelin.


 

L' OEUVRE DE  CAMUS: " Les  Justes "


Réflexion sur  l'engagement politique  et ses implications : Comment percevoir l'idéologie qui, en menant au terrorisme,  recèle un caractère destructeur

Février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes." écrit Camus dans la préface des justes.

Cette pièce en 5 actes démontent tous les clichés révolutionnaires. On imagine sans peine la quantité de vécu que met Camus dans ce genre de dénonciation. Les 3 premiers actes se passent avant l’attentat et l’on voit les différentes sensibilités des révolutionnaires se croiser et se confronter. Les deux derniers actes se passent après et l’on quitte le discours révolutionnaire théorique pour un discours pratique et humaniste.

On mesure dans cette pièce à quel point Camus peut être loin d’un Sartre par exemple ("Tous les non communistes sont des chiens !") et l’on sent son engagement pour la vie et l’humanité.

De plus le personnage féminin des Justes a un rôle très important : sorte d’hégérie socialiste traditionnelle au début elle termine dans une déclaration d’amour folle pour le narrateur...

Enfin on notera cette citation très belle : "La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre."

 

Ici, le final de la pièce montée en 2008, Mise en scène de Baptiste Mallek et Thomas Lequesne.
Avec Sevane Sebesma, Diana Fontannaz, Hervé Colombel, Gildas Loupiac, Thomas Lequesne, Jacques Vincent, Nicolas Chappuis, Morgan Derrien, Raphael Mallek, Dominique Delaroche

 

Lire aussi sur Camus  CAMUS: Activités sur Internet .

 

ET  REGARDEZ    LES JUSTES , de CAMUS, l'intégrale en vidéo  ET   CAMUS, le biopic

 

 

 

 

 

 

 

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