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FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

FRANCOFOLIES de Abel Carballiño

Le blog des mordus de France, de français, de francophonie... Para los locos por Francia, el francés, la francophonie...


Tiken Jah Fakoly, la musique au service de la démocratie

Publicado por Abel Carballiño activado 7 Diciembre 2010, 01:01am

Etiquetas: #Musique

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En pleines élections présidentielles en Guinée et en Côte d'Ivoire, la star de la musique africaine, Tiken Jah Fakoly, se bat plus que jamais pour la démocratie. Rencontre à Bamako.

 

A Niamakoro, un quartier de Bamako appelé aussi Unicef à cause du siège de l'organisation qui s'y trouve, les rues sans asphalte ne sont que flaques d'eau et ornières boueuses après les fortes pluies de l'après-midi.

Au bout de l'une d'elles, Tiken Jah Fakoly a ouvert son studio en 2006, le H. Camara, ouvert son studio en 2006, le H. Camara, du nom de cet ami ivoirien assassiné par un escadron de la mort à Abidjan trois ans plus tôt.

Ce soir, il y inaugure son club reggae, Radio Libre Bamako, construit au premier étage. La chaussée est quasiment impraticable et ce qui devrait être le parking ne ressemble qu'à un terrain vague jonché de gravats. Ils sont quand même venus, des expatriés, des médias locaux et des branchés.


Son nom suffit à attirer jusque 40 000 fans

Certains ont déboursé 10 000 francs CFA (15 euros), tarif exorbitant pour le Mali. "Par la suite, l'entrée sera gratuite", rassure Tiken. Ce soir, il lui fallait limiter l'affluence compte tenu de la capacité réduite des lieux (500 personnes) et de la popularité dont il jouit dans cette ville où son nom suffit à attirer jusqu'à 40 000 fans dans un stade. Evidemment, avec la boue, tout ça aurait pu finir en Woodstock malien.

L'après-midi même, entre deux averses, des ouvriers se hâtaient d'achever le dallage de la cour. D'autres posaient les cuvettes dans les toilettes. Il y a encore un échafaudage accroché à un pignon peint en jaune, rouge et vert sur lequel un certain Kasam a réalisé une immense fresque à l'effigie de Bob Marley, figure tutélaire de cette "République du reggae" comme la présente le maître des lieux.

A l'intérieur, tout est prêt : éclairages, sono, écrans LCD et climatisation. Le style se veut plus chic que roots, malgré les portraits des stars du reggae - U-Roy, Burning Spear, Peter Tosh - sur les murs.

Un commando de serveuses en T-shirt Fakoly Production attend derrière le comptoir flambant neuf. Au-dessus du bar, une banderole proclame "Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place", écho au refrain d'Il faut se lever, moment fort de son album aux saveurs mêlées, le récent African Revolution.


Une formule comme les aime Tiken, simple, concrète, volontaire. Cette vérité dit l'essentiel sur l'obstination de cet homme à toujours mettre ses paroles en actes et ses rêves en chantier.

Comme Bob Marley, Tiken a mis sa musique au service d'une cause

En deux heures de concert, Fakoly passe en revue ses meilleures chansons, celles qui "éveillent les consciences" et font brandir le poing. Percutant, d'une impressionnante cohésion, son groupe, les Djelys, rappelle les Wailers époque Marley, soit la plus efficace turbine à reggae jamais mise en route et le corps d'élite d'une révolution rastafarienne.

Comme Marley, mystique et mission évangélique en moins, Tiken a mis sa musique au service d'une cause. Lui aussi parle de révolution, mais africaine. Au fond, en quinze ans, le thème de ses chansons n'a pas varié. Le ton péremptoire de son "chanter-vrai" non plus. Les plus anciennes exigeaient : Ouvrez les frontières, Quitte le pouvoir. Les nouvelles insistent : Je dis non!, Laisse-moi m'exprimer, Il faut se lever.

En sept albums, la star ivoirienne a lancé plus de coups de gueule (titre de l'un de ses albums les plus vendus) contre les injustices et pour le progrès social en Afrique que tous les tribuns professionnels dans les parlements locaux.

Il est devenu un héros, l'une des personnalités les plus écoutées et respectées d'un continent où personne ne croit plus aux leaders d'opinion. Mais ces vérités, sa franche dénonciation des impostures lui ont aussi valu pas mal d'ennuis dans un contexte politique régional explosif.

En 2002, on le dit trop proche de la rébellion nordiste. Il est menacé de mort et doit fuir la Côte d'Ivoire en proie à de violentes tensions interethniques. A cette époque, il aurait pu citer Fela Kuti qui disait : "Seul un revolver me fera taire."


source: les Inrocks

 

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