Le 10 mai 2001, à l'initiative d'une députée de l'outre-mer, Mme Christiane Taubira, le Parlement français adoptait une loi élevant l'esclavage au rang de crime contre l'Humanité :
"La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part,
perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime
contre l'humanité."
Ce texte prévoyait également une journée annuelle commémorative, mais il faudra attendre le 10 mai 2006 pour que celle-ci soit mise en place. Un comité a
été chargé d'entretenir le souvenir de cette période douloureuse et pas si lointaine (l'esclavage fut aboli en France seulement en 1848) de l'histoire française, mais aussi mondiale : le Comité
pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage présidé par la Françoise Vergès, originaire de la Réunion.
La France est toujours le seul pays à avoir fait de la traite négrière et de l'esclavage des « crimes contre l'humanité » et à avoir institué une date
nationale de commémoration. Mais ailleurs, en Europe ou en Amérique du Nord, des historiens avaient commencé voilà bien longtemps à étudier et relater ce pan essentiel de l'histoire des
colonisations.
Bordeaux, l'une des trois grandes villes françaises négrières avec Nantes et La Rochelle, dont l'opulence s'est construite aussi sur le commerce des
esclaves, avait longtemps refusé d'affronter ce passé noir. Pour aller plus loin, le musée d'Aquitaine a ouvert une galerie de 750m2 dédiée à l'histoire des traites négrières, de l'esclavage et
de leurs abolitions dans la région Aquitaine.
Des voix dissonantes s'élèvent contre ce qui pourrait apparaître comme un excès de repentance. Mais pour nombre de descendants français d'esclaves, la
quête identitaire et sociale passe par cette reconnaissance nationale. Ils pointent aussi les traces, voire les résurgences, de cette pratique, à l'oeuvre dans les départements et territoires de
l'outre-mer, derniers confettis de l'Empire français.
Sylvie Braibant pour TV5
Bordeaux, deuxième port négrier de France au 18ème siècle
En France, le Musée d'Aquitaine à Bordeaux inaugure un nouvel espace permanent consacré à l'esclavage. Bordeaux était le deuxième port négrier de France et l'exposition retrace l'histoire sur plusieurs siècles du commerce colonial européen et de la traite négrière. Cette exposition permanente est un évènement important car les lieux de mémoire sur le sujet sont plutôt rares en France.
Reportage de Pascale Achard, Gérald Breistroff et Lionel Perron
8 Mai 2009 - 2'14
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