LES FILMS EN COMPÉTITION AUJOURD'HUI
FAIR GAME de DOUG LIMAN
Le réalisateur de La mémoire dans la peau s'attaque à un thriller tiré de fait réels.
Valérie Plame (interprétée par Naomi Watts), agent de la CIA au département chargé de la non prolifération des armes nucléaires, voit ses rapports sur le trafic d’uranium entre le Niger et l’Irak ignorés par l’administration Bush pour justifPremier film présenté par le réalisateur américain DOUG LIMAN en Compétition au Festival de Cannes, Fair Game a pour toile de fond le scandale Plame-Wilson de 2005.ier le déclenchement d'une nouvelle guerre en Irak. Ces faits sont alors repris par son mari Joe Wilson (interprété par Sean Penn) via un éditorial dans le New-York Times qui fait polémique. Peu de temps après, la couverture de Valérie Plame est réduite à néant dans les médias, menaçant sa carrière et sa vie privée.
Photocall
L’expression « Fair Game » est à l’origine utilisée par l’église de scientologie pour désigner les individus ou groupes ayant trahi les dogmes religieux fondamentaux. Une analogie au destin
de Valérie Plame, trahie par le gouvernement américain qui a volontairement divulgué à la presse des éléments sur son identité secrète, ce qui constitue un crime fédéral aux Etats-Unis. Ce thème
de la perte d’identité semble cher à Doug Liman qui a réalisé en 2002 le film La Mémoire dans la peau, dans lequel le personnage principal frappé d’amnésie va progressivement apprendre
qu’il fait partie de la CIA, qui tente de l’éliminer.
LA NOSTRA VITA de DANIELLE LUCHETTI
Une parabole sur l'Italie à travers le destin d'un ouvrier.
Unique représentant italien en Compétition, DANIELE LUCHETTI présente ce jeudi LA NOSTRA
VITA , coup de projecteur sur la
douleur d’un homme rongé par le deuil.
À travers le chagrin de Claudio, ouvrier de chantier confronté au décès de sa compagne, Luchetti dresse un portrait des traumatismes qui entourent le processus de deuil. « Je me suis autant attaché à décrire ce personnage que l'histoire contemporaine de tout un pays », précise le cinéaste. Référence au travail immigré en Italie, thème que Luchetti évoque en toile de fond.
Pour jouer Claudio, le réalisateur a choisi ELIO GERMANO , l’un des acteurs italiens les plus en vogue. Cette année, le public l’a retrouvé au générique de Nine, un long métrage de Rob Marshall au sein duquel il donne la réplique à Penelope Cruz et Marion Cotillard.
ROUTE IRISH de KEN LOACH

Le réalisateur de Looking for Eric revient cette année avec Route Irish sélectionné à la dernière minute parmi les films en compétition à Cannes.
Route Irish de KEN LOACH , qui a rejoint la Compétition tardivement, est le 11e long métrage du réalisateur britannique à être présenté au Festival de Cannes, dont 10 ont été sélectionnés en Compétition. Il a obtenu le prix du jury à 2 reprises: en 1990 pour Secret défense et en 1993 pour Raining Stones. En 2006, il obtient la Palme d’or pour Le vent se lève.
Cette fois-ci, il revient avec un drame qui a pour toile de fond la guerre en Irak.
Le film raconte l’histoire de deux amis, amoureux de la même femme, employés comme agents de sécurité en Irak, qui risquent leur vie dans une ville ravagée par
la violence.
Ken Loach, connu pour ses films sociaux et engagés emprunts de réalisme s’exprime sur son nouveau film : « Le défi est toujours de trouver comment décrire le microcosme qui suggère le tableau
d’ensemble : le conflit non résolu, la contradiction qui, quand on l’explore, révèle une perspective plus grande. »
Le comédien Mark Womack, qui joue Fergus, raconte que le réalisateur anglais demande toujours une grande préparation à ses comédiens, afin qu’ils s’imprègnent
au plus près de la réalité du sujet et de ce que vivent les personnages du film.
Quant à sa manière de travailler, l’actrice Andrea Lowe, qui joue Rachel, témoigne : « J’ai vu la majorité des films de Ken Loach et je pensais, comme
beaucoup de gens probablement, qu’ils se fondaient sur beaucoup d’improvisation. Mais ce n’est pas du tout le cas en fait, il y a un scénario magnifique. L’improvisation n’est là que pour le
développement du personnage. »
interview avec ATOM EGOYAN
C'est en 1989 que le Festival de Cannes découvre pour la première fois Atom Egoyan. Le cinéaste
canadien vient y présenter Speaking Parts, son troisième long-métrage. À l'image
d'Exotica (1994), De Beaux lendemains (Grand Prix en 1997) ou d'Adoration (2008), les films du réalisateur ont régulièrement été sélectionnés en
Compétition. Membre du Jury des longs métrages présidé par Francis Coppola en 1996, il est cette année président du Jury de la Cinéfondation et des courts métrages.
En 1996, vous avez été membre du Jury des longs-métrages. Qu'est-ce que cette expérience a représenté pour vous ?
C'est le rêve de tout cinéphile que d’être dans le royaume du cinéma. J’ai vu d’excellents longs métrages et c’était une compétition surprenante. Il y avait Breaking the Waves, Secrets and
Lies, Fargo, le premier film d’Arnaud Desplechin, et le film de Kaurismaki… une oeuvre incroyable. Nous étions submergés par la qualité de la Sélection... et Francis Ford Coppola, était le
président du Jury... Ce fut une immersion complète et intense dans le monde du cinéma. C’était remarquable. D'une certaine manière, ça a aussi changé ma carrière parce que ça
m’a permis de me recentrer sur mon travail plutôt que d'aller vers des films hollywoodiens.
De votre point de vue, quels critères doit réunir un jeune cinéaste pour réussir un premier film ?
Je pense qu’il faut d'abord trouver un langage pour exploiter sa passion, d’une manière à la fois élégante et profonde. Ce n’est pas facile ! Je pense qu’un premier film se réalise avec un si
fort désir de raconter une histoire que la question est de trouver une manière de pouvoir le communiquer aux autres.
Quel impact peut avoir un premier film sur le parcours naissant d'un réalisateur ?
C’est inestimable. Je veux dire que c’est un moyen de se différencier du reste du monde. C’est à la fois l’expression de sa capacité à communiquer et une ébauche de l'oeuvre qu’il veut faire.
C’est aussi assez dangereux, parce qu’il y a des réalisateurs qui évoluent plus progressivement. En ce qui concerne ma carrière par exemple, mon premier film était brutal. C’est avec mon deuxième
et mon troisième film que j’ai commencé à établir ma voix. Faire mouche avec un premier film n’est pas nécessaire, mais quand ça arrive, c’est assez surprenant !
Pensez-vous que le plus rapide chemin pour le long métrage, c’est le court ?
Ce sont deux différents langages. Il y a les réalisateurs qui utilisent le court métrage comme carte de visite pour le long et d'autres qui se sentent bien dans ce format. Il y a des gens qui
mènent une carrière entièrement dédiée aux courts métrages, tout comme il y a des écrivains qui n’écrivent que des nouvelles. Donc je ne pense pas que le court métrage soit forcément un ticket
d’entrée pour le long.
Selon vous, quelle importance un court métrage peut-il prendre dans la carrière d’un réalisateur ?
Je dirais que la question est de savoir si les histoires qu’on veut raconter ont plutôt besoin d’un court ou d'un long format. Mes premiers films étaient structurés pour être des courts. Ils
restent importants pour moi car c'est comme ça que j’ai appris le métier. Je n’ai jamais fréquenté d’école de cinéma et ils ont été un bon apprentissage. Plus tard, quand je suis revenu à la
réalisation de courts métrages, c’était pour des films de commande. Pour être honnête, en tant qu’artiste, mon format est plutôt le format long. C’est un vrai challenge que de raconter
correctement un court métrage. La dernière fois que j’ai fait partie du Jury, on devait aussi juger les courts métrages et c’était étonnant à quel point ce travail était beau. C’est quelque chose
de très rare.
Racontez-moi votre première fois à Cannes.
C’est difficile à exprimer. Je n’arrivais absolument pas à dormir. Je ne me sentais jamais fatigué. C’était tellement stimulant ! C’était incroyable de côtoyer ces autres réalisateurs, ces
journalistes, tout un monde de passionnés du cinéma, comme moi. Je me souviens de la première fois où j’ai mis les pieds au Grand Théâtre Lumière, j’étais presque en larmes parce que ce lieu
ressemblait à un autel.
Selon vous, jusqu’où peut aller le cinéma ?
La limite, c’est notre imagination. Le cinéma est une forme artistique tellement liée au subconscient et à la manière dont on rêve ! La seule limite, réellement, c’est notre inaptitude à
rêver. C’est inconcevable.
Un dernier mot ?
Je pense que le Festival de Cannes est vraiment l’affirmation que cette forme artistique va survivre. Chaque fois que je viens ici, je suis revigoré par cet extraordinaire sens de l’espoir
que véhicule le cinéma. Je pense que c’est la force du Festival de Cannes que d’assurer la bonne santé du cinéma.
DES PETITES HISTOIRES ... DE CANNES,
UNE PAR JOUR
de raconter en une minute ce que pense l’Homme depuis que l'Homme est homme…
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