Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Ours d'argent à Berlin en 2006 pour Hors-jeu (Offside) AFP / Johannes Eisele
JAFAR PANAHI, réalisateur iranien invité à être membre du Jury au Festival de Cannes, n'a pas pu être présent car il était en prison, et il a commencé une grêve de la faim. On l'a attendu au Festival, mais on ne lui a pas permis de venir.
"Jafar Panahi a été libéré mardi de la prison d'Evine (à Téhéran) après avoir déposé une caution de 2 milliards de rials" (200.000 USD), a-t-elle dit. M. Panahi avait entamé il y a une dizaine de jours une grève de la faim pour protester contre sa détention.
Steven Spielberg, Martin Scorsese, Robert de Niro ou Francis Ford Coppola avaient signés une pétition lancée début mai aux Etats-Unis réclamant sa libération.
Son nom est maintes fois revenu à Cannes lors de la quinzaine. Ainsi, lors de la cérémonie d'ouverture, le fauteuil qu'il aurait dû
occuper était resté symboliquement vide sur l'estrade de l'auditorium du Palais des festivals.
Le 15 mai, dans une lettre écrite en prison et lue sur les marches du Palais, le metteur en scène avait clamé son innocence et démenti avoir fait un film contre le régime iranien.
Dimanche, l'actrice française Juliette Binoche a brandi un écriteau avec le nom du cinéaste lorsqu'elle est venue chercher le prix
d'interprétation féminine. Les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Culture, Frédéric Mitterrand, avaient appelé à la "libération immédiate" du cinéaste.
Panahi est l'un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne les plus connus à l'étranger. Il a notamment reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2000 pour "Le cercle" et l'Ours d'argent à la Berlinale en 2006 pour "Hors-jeu". Il a été primé deux fois à Cannes ("Le ballon blanc", Prix de la Caméra d'or 1995 et l'"Or pourpre", Prix du Jury-Un Certain Regard en 2000).
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