Une oeuvre peu connue de Rossini, avec mise en scène de Lluís Pascual , orchestre et choeurs de l'Opéra de Paris sous direction de Roberto Abbado.
(Un synopsis amoureux sur fond de guerre clanique en Ecosse, tiré du poème de Walter Scott )
Les spécialistes estiment que cette opéra marque la naissance du romantisme musical italien.
La brochette de chanteurs réunis sur le plateau, lundi 14 juin à l'Opéra Garnier, a en effet de quoi combler les fondus de bel canto romantique. L'Américaine Joyce DiDonato incarne à la perfection le chant virtuosissime d'Isabella Colbran, muse de Rossini, qui écrivit pour elle le rôle d'Elena, créé en 1819 au San Carlo de Naples, avant de l'épouser.
Souplesse, homogénéité, aisance insolente sur toute la tessiture, Joyce DiDonato fera du rondo final "Tanti affetti in tal momento" un moment de véritable folie musicale. On ne saurait à ce propos trop recommander son récital Rossini, Colbran, The Muse, ainsi que le DVD de la production londonienne du Barbier de Séville, avec Juan Diego Florez, tous deux récemment sortis chez Virgin Classics.
Parmi les trois guerriers qui s'affrontent pour conquérir le coeur de la Dame du lac (un synopsis amoureux sur fond de guerre clanique en Ecosse, tiré du poème de Walter Scott), le séduisant Uberto de Juan Diego Florez, magistral dans la cavatine "O fiamma soave", où pas une contre-note ne manque à l'appel. Le chanteur, que l'on avait entendu en 2002 au Festival de Salzbourg, a dépassé la performance du rôle pour incarner un personnage certes brillant, mais émouvant.
Il y aurait un brin de sadisme de la part de Rossini à avoir confronté les deux rivaux sur les mêmes notes aiguës (scène 2 de l'acte II) que cela n'étonnerait pas : mais le Rodrigo puissant du jeune ténor sud-africain Colin Lee est plus que prometteur. Quant à la mezzo italienne Daniela Barcellona, on l'avait déjà adorée en 2002 dans la production salzbourgeoise et le rôle travesti de Malcolm, le fiancé secret d'Elena. Voix chaude, bien projetée, jubilatoire dans la virtuosité, sensible et habitée dans l'expression ("Elena ! oh tu, che chiamo !"), Daniela Barcellona est tout simplement magnifique. (LE MONDE)
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