La grande rétrospective de Claude Monet a ouvert ses portes au Grand Palais, jusqu'au 24 janvier 2011
On pourrait penser qu'on a déjà tout vu de celui qui a donné son nom à l'impressionnisme.
Mais cela faisait trente ans que Paris ne lui avait pas consacré de grande exposition, et celle-ci s'éclaire des dernières recherches effectuées sur le peintre prolifique.
La rétrospective du Grand Palais met par exemple l’accent sur des aspects méconnus de son œuvre, la nature morte et la figure. Elle montre la genèse des « séries » qu'il peindra à la fin de sa vie: assez tôt, Monet a répété les mêmes paysages sous des lumières différentes.
rétrospective en 180 tableaux d’un artiste qui en a peint quelque 2000. L’absence d’Impression soleil levant est « largement compensée par des prêts extraordinaires de
l’étranger », explique Guy Cogeval. Les œuvres viennent d’Australie, du Japon, des Etats-Unis, de Russie, et aussi de collectionneurs particuliers. Le Musée d’Orsay à Paris en a prêté une
cinquantaine. « C’est un rassemblement colossal », se réjouit le commissaire général.
L’exposition s’ouvre sur des paysages peints à Fontainebleau et au bord de la mer, en Normandie, autour de 1865. Monet a 25 ans et, déjà, il capte la lumière comme personne. La touche
impressionniste commence à s’affirmer.
Dans les années 1870, Monet peint, à Paris et dans ses alentours, des paysages urbains et des paysages champêtres. Gares et chemins de fer l’inspirent : il représente la gare Saint-Lazare
dans des volutes de fumées roses. L’idée de série est en germe : Monet représente Le pont du chemin de fer à Argenteuil à l’ombre et au soleil, le Bassin d’Argenteuil
apparaît éclatant de bleu et de rouge, ou dans des lumières plus douces. Les répétitions vont se faire de plus en plus constantes.
En 1878, Monet s’installe au bord de la Seine à Vétheuil, dans le Véxin. Il abandonne les paysages urbains pour représenter la campagne. L’hiver 1879-1880 est particulièrement rude. La Seine gèle
et la débâcle brutale offre au peintre un sujet en or qu’il décline en quinze tableaux. L’idée de série s’affirme un peu plus. Dans des décors dépouillés, il illumine la glace de lumière
rose.
Dans les années 1880, Monet voyage en France, à la recherche de nouveaux paysages. Il se rend au bord de la Méditerranée, où il peint la mer et les jardins. Les couleurs se font violentes, voire
électriques. « C’est si beau ici, si clair, si lumineux ! On nage dans de l’air bleu, c’est effrayant », écrit-il d’Antibes.
A Belle-Ile, il sélectionne six sites dont il tire 38 tableaux. Dans la Creuse, il dramatise le contraste entre la roche et l’eau, qu’il saisit, encore, aux différentes saisons.
1890, la décennie des séries
Les séries deviennent systématiques dans les années 1890. Il peint des meules à Giverny, sous toutes les lumières, l’hiver et l’été : il veut rendre l’ »effet » des saisons et des
éléments à tout instant. Sur les « peupliers », il saisit « l’effet du vent », « l’effet du crépuscule », « l’effet du matin ».
A Giverny, Monet a trouvé son point d’ancrage. Il y entreprend la série des nymphéas, qui l’occupera jusqu’à la fin de sa vie. Le peintre « fabrique son motif » dans son jardin, en
faisant creuser un bassin. Il s’agit « presque de land art », selon Sylvie Patry, une des commissaires de l’exposition. « Ces paysages d’eau et de reflets sont devenus une
obsession », écrira Monet lui-même en 1908.
Si Monet s’est fixé à Giverny, il continue à voyager, revenant sur de nombreux sites qu’il a peints quinze, vingt ou trente ans plus tôt. On peut ainsi comparer un vieux paysage de Varangeville
ou de Vétheuil à de nouvelles versions. On voit ainsi comment sa technique a évolué. Le peintre s’attache désormais plus aux « effets », un terme qui revient tout le temps dans ses
titres et dans sa correspondance. La touche est plus allusives, les contours plus flous.
Venise, contrairement à la Seine et à la Normandie, c’est complètement nouveau pour lui. En 1908, il a 68 ans : il y peint des vues sublimes des palais, baignés d'une lumière
transparente.
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Monet peintre de figures et de natures mortes
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Le Grand palais propose une rétrospective des oeuvres de Claude Monet, le maître incontesté du mouvement impressionniste. Lefigaro.fr a choisi de décoder La cathédrale de Rouen, le portail et la tour d'Albane, plein soleil harmonie bleu et or, l'une des trente toiles de sa fameuse série.
Le (merveilleux) site de l'exposition http://www.monet2010.com
Monet n’est pas qu’un peintre de paysage, veut montrer l’exposition
du Grand Palais. Et, dans sa peinture, les figures ne sont pas toujours de petits éléments perdus dans le paysage. L’exposition présente un ensemble exceptionnel de ces figures, peintes
dans les années 1860. Au centre de cette section, un ambitieux Déjeuner sur l’herbe de 6 m, entrepris en 1865, qu’il veut présenter au Salon. Il ne l’a jamais achevé mais en a sauvé deux
fragments quand il a retrouvé la toile en 1884. On peut voir aussi au Grand Palais l’esquisse qu’il en avait faite et qui est conservée au musée Pouchkine.
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